Historique Les maires

Les maires d'hier à aujourd'hui...


Versaille

JOSEPH VERSAILLES
1910-1931

Joseph Versailles est le descendant de 7e génération de Antoine Gabriel Martin, originaire de la paroisse de la Sarte-Macé du diocèse de Mans, arrivé en Nouvelle-France en 1722. Antoine Gabriel Martin était soldat du régiment de M. de Repentigny qui deviendra Seigneur de Repentigny. Le surnom « dit Versailles » lui vient de son « baptême de régiment ». Il prit l'habitude de signer Martin dit Versailles, et le surnom éclipsa par la suite le nom d'origine.

Joseph Versailles IV naît en 1881. Il est le fils de Joseph Versailles III, couvreur de son état, et de Julie Monarque, mariés en 1880. La maison familiale est située rue Dézery dans le quartier Hochelaga de Montréal.

 

Il obtient à 19 ans son Baccalauréat ès arts, mais ne peut fréquenter l'université, faute de moyens; aîné d'une famille démunie, Joseph Versailles doit rapidement subvenir aux besoins de la famille après le décès de son père. Il poursuit tout de même des cours du soir en droit pendant deux ans. Il possède ensuite une quincaillerie dans la ville de Hochelaga, à l'intersection des rues Ontario et Aylwin.

Le gaillard de six pieds un pouce et 180 livres s’est intéressé durant ses années de collège à l’action catholique et patriotique. Il devint en 1903 le président fondateur de l’ACJC (Association catholique de la jeunesse canadienne) ce qui lui permit de devenir l’intime de Georges Pelletier (Le Devoir), de Lionel Groulx et du papetier Dubuc. En 1904, il épousa Marie Prendergast, la fille du gérant général de la Banque d’Hochelaga, future Banque Nationale. Le couple aura 11 enfants, dont cinq meurent l’année de leur naissance.

Confiant dans les compétences d'affaires des francophones, il brûle du désir d'en faire la démonstration. Son frère Jean, résident de Pointe-aux-Trembles, lorgne déjà du côté de l'immeuble et est copropriétaire de l'aqueduc de Pointe-aux-Trembles. En 1908, Joseph Versailles vend la quincaillerie et fonde la maison de courtage Versailles, Vidricaire et Boulais avec deux anciens cadres de la Banque de Hochelaga. Leur société se fait bientôt construire un des premiers gratte-ciel de Montréal, près de la Place d'Armes.

Concurremment, avec d'autres partenaires, il fonde la Compagnie immobilière de Montréal-Est Limitée et achète dans Pointe-aux-Trembles 1 400 acres de terrain. Influencé par le mouvement d’Ebenezer Howard et le modèle des cités-jardins, il rêve d’aménager une telle oasis sur ses terrains. En 1909, il ouvre un bureau de vente de lots, à l'angle des actuelles rues Broadway et Prince-Albert.

Afin de se donner toute la latitude voulue dans l’aménagement de son domaine, Versailles décide qu’il fera de Montréal-Est une ville autonome. Il demande donc une charte au gouvernement du Québec. Il invite même Lomer Gouin, premier ministre du Québec, à Montréal-Est, où rien n’est ménagé pour le séduire : les rues sont plantées de peupliers de la Caroline, on chante la messe en plein air, on défile en parade dans les rues, on offre un banquet avec discours patriotiques. Au moment de quitter, Lomer Gouin glisse à l’oreille de Joseph Versailles : « Tu vas l’avoir ta charte! ». Versailles n’a pas encore 30 ans.

Cette charte il l’obtient même avec la bénédiction du conseil de la paroisse de Pointe-aux-Trembles, qui par une résolution adoptée le 10 mars « accepte que les lots 82, 83, 85, 86, 87, 88, 89, 90, 91, 92, 47, 48, 49 et 19 soient érigés en municipalité séparée et estime qu’il est de l’intérêt général de concourir à ce projet. »

Le maire Jacques Léonard et son conseil fixent quelques conditions anodines : 1) que Montréal-Est entretienne à ses frais la montée Saint-Léonard (actuelle rue Broadway), 2) que Montréal-Est pourvoie à l’écoulement des eaux, 3) qu’elle conserve l’alignement des rues déjà cadastrées dans Pointe-aux-Trembles, 4) qu’elle rembourse 160 $ à la paroisse pour la pierre répandue sur la montée Saint-Léonard et 104,75 $ pour l’embellissement du chemin au sud de Notre-Dame.

Montréal-Est, concrétisation du rêve d’un homme exceptionnel, est née. Avec pour l’instant un territoire qui s’étend de limites actuelles de Pointe-aux-Trembles jusqu’à la rue Tétrault ou Monarque, mais qui atteindra dès 1913 la rue Georges V.

Avec l’arrivée de la crise économique et de la seconde Guerre mondiale, Joseph Versailles doit abandonner son rêve de créer une cité-jardin, et réorienter le développement de Montréal-Est vers la fonction industrielle, particulièrement gourmande en espace. Il entreprend de convaincre les grandes entreprises industrielles du temps (cimenteries, pétrolières, etc.) de s’établir à Montréal-Est. Il réussit tant et si bien que l’est de Montréal est l’un des principaux centres pétrochimiques du Canada pendant plus de cinquante ans. À la mort de Joseph Versailles, en 1931, Montréal-Est connait un développement industriel qui lui fait occuper le rang de quatrième ville industrielle du Canada.

 


ABerthiaume
ALBERT BERTHIAUME
1931-1933


C’est à la première séance du Conseil, le 29 juin 1910, que l’on retrouve pour la première fois son nom dans les procès-verbaux. Il est d’abord nommé président des évaluateurs pour la Ville avant d’être élu conseiller municipal, le 11 février 1912. En 1931, suite à la mort de monsieur Versailles, il démissionne comme conseiller et pose sa candidature comme maire. Il est élu par acclamation le 21 juillet 1931. Un collaborateur dévoué du premier maire, il poursuivit les projets amorcés par son prédécesseur. Sous son mandat, les compagnies Shell et Canada Wire & Co. s’installèrent à Montréal-Est. Albert Berthiaume aurait réalisé de nombreux autres projets si la mort n’avait mis fin à son mandat, en 1933.

 


Courtemanche

NAPOLÉON COURTEMANCHE
1933-1952


Monsieur Courtemanche a été maire pendant 19 ans, et fut élu par acclamation à cinq reprises. C’est sous son mandat que Montréal-Est se dota d’un hôtel de ville en rapport avec son importance. De plus, il s’appliqua à mettre de l’ordre dans les finances de la Ville et à créer un fond d’amortissement pour la dette municipale. Il fit de nombreuses démarches pour inciter des industries vivantes et viables à s’établir à Montréal-Est. Après son décès en 1952, sa succession fit don à la paroisse St-Octave du terrain situé sur la rue Notre-Dame afin d’y construire l’église.

 

 

Mc_Duff

ROLAND McDUFF
1952-1962


Maire de 1952 à 1962, il avait fait lui aussi son initiation aux opérations financières sous monsieur Joseph Versailles. C’est sous son mandat que la Ville fête son 50e anniversaire de fondation. Sous son administration, la Ville a continué sa marche vers le progrès, suivant l’impulsion que ses prédécesseurs lui avaient donnée. Monsieur McDuff dirigea avec clairvoyance les affaires de la Ville, qui connut une période de prospérité de plus en plus accrue, devenant la quatrième puissance industrielle au Canada.

 


Rivet

ÉDOUARD RIVET
1962-1982

Maire de 1962 à 1982, il avait été initié à la politique municipale par son père, Adélard Rivet, qui fut conseiller municipal pendant 32 ans. C’est sous son administration que la ville de Montréal-Est se dota de nouveaux bâtiments afin d’assurer de meilleurs services à la population. Ainsi, en 1966 eut lieu l’inauguration du Centre civique, qui changera de nom en 1982 pour devenir le Centre récréatif Édouard-Rivet. En 1972 débute la construction de la caserne des pompiers et en 1973, celle d’un garage municipal. Le 1er janvier 1970, la ville de Montréal-Est s’intègre à la Communauté urbaine de Montréal. Durant les vingt années où monsieur Rivet est à la mairie, la Ville procède à l’aménagement du parc Henri-Leroux, du parc de l’Hôtel-de-Ville, et du parc Philéas-Desrochers. Lorsque monsieur Rivet laissa son poste pour cause de maladie en 1982, la Ville était dotée d’une infrastructure durable.

 

 

P7

YVON LABROSSE
1982-2001
2006-2009

La récession économique qui sévit à l’arrivée de monsieur Labrosse à la mairie en 1982 n’est qu’un des nombreux obstacles d’importance qu’il doit affronter au cours de son mandat. Cet homme de défi a su donner un nouvel essor à sa ville à la fin des années 80. Après de difficiles années au cours desquelles plusieurs entreprises disparaissent, de nouvelles PME s’installent à Montréal-Est, et un parc industriel est développé au nord du boulevard Métropolitain.

Le 25 novembre 1988, un séisme endommage gravement l’Hôtel de Ville, et la construction d’un nouvel édifice s’impose. Le magnifique bâtiment de style art déco construit en 1937 est remplacé en 1991 par un édifice moderne qui regroupe tous les services municipaux en un endroit stratégique et accessible à tous.

Mais le plus grand combat du maire Labrosse pour sa ville s’amorce lorsque le gouvernement du Québec adopte la loi 170, le 20 décembre 2000, prévoyant la fusion, dès le 1er janvier 2002, de Montréal-Est et de nombreuses autres municipalités de l’île de Montréal, pour ne former « qu’une île, une ville ».

Montréal-Est conteste la loi 170 devant les tribunaux (cour supérieure, cour d’appel et cour suprême), qui tous vont rejeter la demande.

C’est ainsi que le 1er janvier 2002, Montréal-Est rejoint Pointe-aux-Trembles et Rivière-des-Prairies au sein d’une nouvelle structure, l’arrondissement. L’Hôtel de Ville de Montréal-Est est agrandi, et devient la mairie du nouvel arrondissement.

Mais l’arrivée du parti libéral au pouvoir en 2003 permet la tenue d’un référendum dans les villes fusionnées, au terme duquel une ville pourrait, si ses citoyens en expriment la volonté, retrouver son autonomie.

Au terme d’une longue bataille menée par Yvon Labrosse et de nombreux citoyens désireux de retrouver leur statut, le référendum est tenu le 20 juin 2004. Plus de 45 % des électeurs admissibles votent, dans une proportion de 84 %, pour la reconstruction de leur ville. Le nouveau conseil municipal sera élu en novembre 2005, et la ville de Montréal-Est retrouve officiellement son statut le 1er janvier 2006. Yvon Labrosse demeurera maire de Montréal-Est jusqu'au 1er novembre 2009.


ROBERT COUTU
2009-aujourd'hui

La vie de Robert Coutu est étroitement liée à la Ville de Montréal-Est avec tous les souvenirs rattachés avec sa famille au 27 de la rue Broadway. Son père y a vu le jour, rue Laurendeau, et c'est lors des quelques années que la famille a vécues à Chelmsford, dans le nord-ouest de l'Ontario, que Robert Coutu est né, le 18 février 1964 ainsi que son frère Jean, le 25 avril 1966. Dès 1967, lors de l'exposition universelle, la famille Coutu revient à Montréal-Est et y demeure à ce jour. En 1985, Robert Coutu obtient un baccalauréat en administration des affaires (BAA) à l'UQÀM à l'âge de 21 ans seulement, et entreprend une fructueuse carrière en gestion financière, puis dans la vente. Il est le conjoint de Nathalie Lachapelle, dont le père Roger fut conseiller municipal à Montréal-Est. Celui-ci s'avèrera une grande inspiration pour Robert Coutu, et l'initiera à la politique municipale. Il le convaincra de participer au processus de défusion en 2004 et de se présenter, tout comme lui, aux élections municipales de 2005 en vue de la reconstitution de Montréal-Est, le 1er janvier 2006. Montréal-Est sort tout juste d'une fusion de quatre ans avec la ville de Montréal, et la tâche qui attend le nouveau Conseil municipal est énorme. Au cours de ce mandat, Robert Coutu prend goût aux défis que présente la gestion d'une municipalité, et obtient un diplôme d'administrateur municipal premier niveau avec l'UMQ, entendant bien développer toutes les compétences acquises qui lui permettront d'assurer la prospérité de sa ville et le bien-être des citoyens. Mais son beau-père et mentor, Roger Lachapelle, décède en décembre 2008, après avoir siégé plus de vingt-cinq ans au Conseil municipal de Montréal-Est. Le deuil est douloureux pour la famille, mais Robert Coutu se sent encore plus investi d'une mission : poursuivre l'œuvre et la volonté de son beau-père, qui avait tant à cœur les destinées de Montréal-Est.

En 2009, inspiré tous les maires précédents, du fondateur Joseph Versailles à Albert Berthiaume, Roland McDuff, Napoléon Courtemanche, Édouard Rivet et Yvon Labrosse, il réalise qu'il lui est possible de mener Montréal-Est vers de nouveaux sommets, et fonde l'Équipe du Nouveau Centenaire, en vue des élections municipales de novembre de cette même année. Après un seul mandat comme conseiller, il devient, après Joseph Versailles, le plus jeune maire de la Ville de Montréal-Est. Son adversaire à la mairie, Yvon Labrosse, était maire depuis 1982, exception faite des quatre années où la ville était fusionnée à Montréal. L'élection du jeune maire est un moment historique pour cette ville où jamais un maire n'a été défait après un seul mandat à titre de conseiller municipal; seules la maladie et la mort avaient eu raison de ses prédécesseurs jusque-là.

Si l'heure est aux réjouissances à Montréal-Est, qui célèbre en 2010 son centenaire d'existence, la situation économique qui prévaut représente aussi tout un défi pour Robert Coutu; l'industrie pétrochimique, à qui Montréal-Est doit la prospérité qui l'a vue prendre un essor fulgurant, est menacée, comme l'est le secteur manufacturier dans son entier. La tâche ou le risque n'effraie pas le nouveau maire, qui prend l'engagement personnel de promouvoir le développement économique de la ville, quitte à en modifier l'orientation et la vocation industrielle, tout en assurant des services de qualité aux citoyens. La ville de Montréal-Est a déjà été la quatrième ville la plus industrialisée au Canada, et elle se doit devenir une ville plus polyvalente afin de répondre aux nouveaux besoins économiques et familiaux des citoyens résidentiels et corporatifs.


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